Match de football arrêté, entraîneur frappé: que s’est-il passé à Toulon dimanche dernier?
La rencontre de coupe du Var seniors entre Pontcarral et la réserve du Sporting Toulon a dégénéré dimanche 2 février. Des coups ont été échangés et un parent est même venu frapper l’entraîneur... de son propre fils.
Le football s’est temporairement effacé au Sporting Toulon, jeudi. Le club, dans une décision forte et symbolique, a convenu l’annulation des entraînements de ses équipes de jeunes, en signe de "contestation de la violence sur et autour des terrains".
Cette interruption vise à dénoncer les comportements inappropriés et les agressions croissantes que subissent les éducateurs. Ceux qui, chaque semaine, se tiennent en bord de terrain pour encadrer, encourager et transmettre leur passion aux jeunes joueurs. Un rôle de plus en plus compliqué à exercer à cause des comportements hostiles de la part de certains parents ou spectateurs.
Attroupement après un but
Dimanche dernier, l’entraîneur de l’équipe réserve azur et or, Yohan Chereau, a en effet été victime d’une agression en marge d’un huitième de finale de Coupe du Var seniors. Il opposait, au stade Saurin, dans l’ouest de la ville, l’équipe locale du FC Pontcarral (D2) au Sporting II (R2), et a été arrêté autour de la 60e minute. Ce derby, entre des joueurs qui se connaissent, a dégénéré au moment où Pontcarral a réduit le score à 2-3. Le gardien du Sporting Toulon, Malek L., a voulu conserver le ballon après le but, comme le règlement l’y autorise. Un attroupement s’est formé autour de lui et des coups ont été échangés. Le frère aîné du gardien de but a alors escaladé le grillage, bientôt rejoint par deux ou trois "supporters" de Pontcarral, pour en découdre. Dans l’affaire, Malek L. et deux joueurs adverses ont été expulsés et sont aujourd’hui suspendus à titre conservatoire.
Fracture au visage et sept jours d’ITT
Le match a donc été arrêté, mais les incidents ont continué alors que les esprits s’étaient calmés. Le père du gardien toulonnais a à son tour franchi un grillage. Selon plusieurs témoignages concordants, l’homme d’une cinquantaine d’années s’est alors infiltré dans les couloirs du vestiaire, déjouant la sécurité du stade, et a asséné un coup de poing sans sommation au visage de Yohan Chereau. Le motif de sa colère contre l’entraîneur ? Il lui reproche d’avoir exposé son fils… en lui faisant jouer ce match, considéré à risque.
Le coach, victime d’une fracture de la mandibule, a été évacué à l’hôpital. Il en est ressorti avec sept jours d’ITT (incapacité temporaire de travail). Une plainte a été déposée et le Sporting Toulon (1) devrait se constituer partie civile. Solidaire de l’éducateur (lire ci-dessus), le district du Var, dont dépend la compétition, assure qu’il "va suivre ce dossier". Sa commission de discipline devra déjà se prononcer sur l’issue de cette rencontre qui a terni l’image du football.
Qui n’a pas répondu à nos sollicitations, de même que le club de Pontcarral.
Un fléau dur à endiguer
Au-delà des violences sur le terrain, pour lesquelles il prône une "tolérance zéro", André Vitiello, le président du district du Var de football, veut s’attaquer au "fléau" des parents indélicats et "accélérer le processus". Témoin direct des incidents dimanche et même "menacé" verbalement par l’auteur du coup de poing, il semble pourtant bien démuni face à ce "problème de fond, qui ne se réglera pas en deux jours".
Déjà parce qu’il ne peut sanctionner que des individus licenciés à la FFF. Il a donc lancé une alerte auprès de la Fédération (sur une plateforme ouverte à tous), qui déterminera la gravité des faits et la marche à suivre.
"Agresser un entraîneur, je ne peux pas le tolérer. Heureusement ça n’arrive pas tous les week-ends, assure André Vitiello. On va mettre une commission en place sur ces sujets-là, en associant les autorités (police, préfet…). Il faut plus que jamais sensibiliser les présidents de clubs sur comment enrayer ces situations, en faisant d’abord un gros travail sur les catégories de jeunes pour recadrer les parents et protéger les éducateurs."
Au Sporting, une réunion avec l’ensemble des dirigeants et éducateurs s’est tenue jeudi soir pour échanger sur les moyens de prévention et de sanction à déployer contre la violence. Une action de sensibilisation pourrait être lancée à l’échelle du club dans les jours à venir.
Source (c) Var Matin : Match de football arrêté, entraîneur frappé: que s’est-il passé à Toulon dimanche dernier? - Var-Matin (article réservé aux abonnés).